Immobilier en 2025 : 15 % de ventes en plus par rapport aux neuf premiers mois de 2024
Au cours des neuf premiers mois de 2025, le marché immobilier belge a affiché une progression significative : les ventes de logements ont augmenté d’environ 15 % par rapport à la même période en 2024. Cette montée marque une inflexion après plusieurs années moins dynamiques.
La fédération du notariat belge (Fednot) souligne que cette tendance ne se limite pas à une seule région, bien que certains territoires bénéficient d’un effet plus fort.
Cette reprise est le fruit d’un ensemble de facteurs : adaptation des acheteurs à des taux d’intérêt plus élevés qu’auparavant, volonté de ne pas attendre davantage, et dans certaines régions, l’effet d’une réforme avantageuse en matière de droits d’enregistrement.
Une croissance immobilière différente selon la région
Même si la croissance est nationale, la Wallonie se distingue particulièrement par son dynamisme. En effet :
- En Wallonie : +17,2 % de ventes par rapport à la période comparable l’an dernier.
- À Bruxelles : +8,6 % seulement.
- Pour l’ensemble de la Belgique : +15 % environ.
Dans les provinces wallonnes, certaines progressions sont très marquées : le Brabant Wallon affiche +25,3 %, le Luxembourg +21 % environ.
Ces différences s’expliquent par des facteurs propres à chaque territoire : attractivité accrue, efforts de rénovation, taux réduits de droits d’enregistrement pour un bien destiné à devenir résidence principale, etc.
Les prix poursuivent leur progression
Parallèlement à cette montée du volume des ventes, les prix moyens des biens immobiliers augmentent également. Pour les neuf premiers mois de 2025, on remarque que le prix moyen d’une maison, au niveau national, est de 346 218 €, en hausse de +5 % par rapport à la moyenne de 2024. Pour les appartements, c’est une hausse de +1,7 % qui est observée pour un prix moyen de 275 862 €.
En Wallonie, la hausse est particulièrement marquée : +12,9 % pour une maison (prix moyen : 269 551 €) et +5,8 % pour un appartement (prix moyen : 209 952 €) sur la période concernée. À Bruxelles, la hausse est beaucoup plus modeste : +1,2 % pour les maisons (577 108 € en moyenne) et +2,3 % pour les appartements (297 411 €).
Cette progression des prix s’explique par la combinaison d’une offre un peu plus contraignante, d’une demande relancée, et d’une part d’acheteurs qui anticipent l’accès au crédit et l’évolution des droits.
Les leviers de cette reprise
Plusieurs mécanismes expliquent ce regain de vitalité du marché immobilier belge :
1. Taux d’intérêt stabilisés
Même si les taux d’emprunt ne sont plus à des niveaux historiquement bas, l’assumption parmi les acheteurs est qu’il ne reviendra pas à 1 % comme lors des pics précédents. Autrement dit : “autant acheter maintenant que différer”.
2. Réforme des droits d’enregistrement
Dans certaines régions, l’acheteur d’un bien qui deviendra sa résidence principale peut bénéficier d’un taux réduit (3 %) de droits d’enregistrement. Cela a incité des candidats acheteurs à franchir le pas.
3. Offre modérée : moins d’attente
Après une période de ralentissement, certains vendeurs ont préféré conclure plutôt que de différer. De leur côté, les acheteurs ont été plus actifs, notamment pour les biens de qualité. Cela a contribué à resserrer certains segments de marché.
4. Dynamique régionale
Comme évoqué, la Wallonie tire la reprise. Une offre plus large, combinée à un effet “raté” du cycle précédent, a permis à la région de récupérer. Les provinces comme le Brabant Wallon ou le Luxembourg connaissent des hausses supérieures à la moyenne.
À surveiller : les risques et les tensions
Si la dynamique est clairement positive, quelques signaux d’alerte méritent d’être pris en compte.
Évolution des taux de crédit : Une remontée des taux pourrait freiner la dynamique d’achat et limiter l’accession à la propriété.
Pression sur les prix : Une hausse trop rapide pourrait conduire à un déséquilibre entre revenus, crédit et valeur des biens, surtout dans certaines zones très actives.
Offre / demande : Dans certaines régions, l’offre de biens attractifs commence à se raréfier, ce qui pourrait conduire à une stagnation ou à un coup d’arrêt de l’activité.
Spécificités locales : Les différences entre régions montrent que la reprise n’est pas homogène. Certains marchés peuvent être déjà plus “matures” que d’autres.
Ce que cela signifie pour les acheteurs et les vendeurs
Pour les acheteurs, cette période peut constituer une opportunité au niveau de l’activité du marché, qui incite les vendeurs à présenter des biens en bon état et à être prêts, mais pas seulement. En effet, il peut également attendre indéfiniment une baisse de taux ou des prix stagner peut être contre-productif. Il convient de bien calibrer son budget, anticiper les coûts annexes (droits d’enregistrement, rénovation, énergie) et négocier avec soin.
Pour les vendeurs, la tendance est favorable, le nombre de candidats acheteurs étant plus élevé qu’il y a un an. Le marché actuel étant idéal pour valoriser le bien (travaux, énergies, isolation) et capter cette demande. Enfin, une mise en vente bilingue/régionale peut être pertinente dans un pays comme la Belgique.
Perspectives immobilières pour la fin 2025 et au-delà
Si la tendance se maintient, l’année 2025 pourrait se clôturer avec un nombre record de transactions depuis la période précédente de croissance. Toutefois, le moteur de la croissance pourrait s’essouffler si l’un des facteurs clés (taux, droits, offre) se grippe.
Il sera utile de surveiller :
- L’évolution du prix moyen selon la typologie (maison, appartement) et la région.
- L’âge moyen des acheteurs (une indication de renouvellement du marché).
- L’impact des politiques régionales (réductions de droits, aides à la rénovation, exigence énergie).
- Le comportement des investisseurs vs. les acheteurs de résidence principale.
Vers la poursuite d’une reprise encourageante du marché immobilier
Le marché immobilier belge connaît une belle reprise : +15 % de ventes sur les neuf premiers mois de 2025, accompagnées d’une progression des prix. La Wallonie est en tête, tandis que Bruxelles reste plus modérée. Cette dynamique repose sur plusieurs leviers : adaptation des acheteurs, taux stabilisés, réforme des droits d’enregistrement et une offre en mouvement. Les acheteurs comme les vendeurs peuvent saisir cette fenêtre, tout en restant vigilants aux signaux de retournement potentiel.